mardi 2 février 2016

Prisoners (D. Villeneuve, 2013)




Thriller très réussi de Denis Villeneuve qui réussit à captiver le spectateur et à l’entraîner sur bien des fausses pistes.
Deux habiletés scénaristiques rendent le film haletant et perturbant.
D’une part le spectateur est amené à prendre fait et cause pour le personnage de Keller Dover (interprété par Hugues Jackman, presqu’à contre-emploi, qui compose parfaitement ce père aveuglé par la douleur) et dont la petite fille est enlevée. On participe à sa  douleur mais, progressivement, le spectateur ne peut plus cautionner ses actes et doit s’en détacher : admettons qu’il enlève le principal suspect responsable de la disparition de sa petite fille et que la police relâche un peu trop rapidement, mais on ne peut accepter les tortures de plus en plus dures qu’il fait subir pour le faire parler. Et le spectateur est laissé en plan, parce qu’il ne peut pas non plus se rapprocher de l'autre personnage important du film, l'inspecteur Loki (Jake Gyllenhall), décidément trop lymphatique et rongé par quelque douleur ancienne.
D’autre part, le film distille des indices qui ne permettent jamais au spectateur de trancher : le doute plane toujours quant à la culpabilité de ce suspect un peu simplet mais qui sait quand même des choses. Interrogations toujours avec ces différentes pistes qui mènent à autant de culs-de-sac. Et le spectateur, ballotté et guère ménagé, ne verra l’intrigue se dénouer que très tardivement.

D. Villeneuve parvient parfaitement à maintenir une tension tout au long du film et à créer une angoisse lourde et pesante, avec ses images réalistes dans cet hiver pluvieux. Il renoue ainsi avec les thrillers noirs, qui étaient plus fréquents il y a quelques années, qu’on pense au Silence des agneaux, à Seven ou encore à Zodiac. C’est de ce dernier film, indubitablement, que se rapproche le plus Prisoners.


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