mercredi 27 décembre 2017

Bad Lieutenant (A. Ferrara, 1992)




Ferrara filme la plongée d’un homme progressivement détruit, vidé et qui va au bout de son parcours, en portant une croix dont il sait très bien qu’elle va le briser. Le lieutenant erre dans New York, ville de tous les péchés, déjà filmée sous cet angle si souvent (on pense inévitablement, avec cet univers réaliste, empli de drogues et de violence, à Taxi Driver) et qui apparaît ici comme le creuset de tous les vices, où les hommes sont corrompus, dans un sens biblique. Loin de faire régner la loi en suivant les lois il bricole, s’arrange, revend la drogue sur laquelle il met la main, fait des paris sans fin. Harvey Keitel à la fois massif et perdu, colérique et fragile, donne une dimension iconique à ce personnage pourri et drogué qui vole vers sa rédemption.
La descente aux enfers du lieutenant est filmée par Ferrara avec une dimension mystique. Aux côté de la nonne – qui pardonne à ses agresseurs – il se sacrifiera pour des criminels, acquérant une dimension christique, relayée par plusieurs indices de mise en scène (cette dimension rejoint là aussi Scorsese).



Tout au fond du gouffre dans lequel il croupit, le lieutenant est touché par la grâce, par laquelle il sauvera non pas son corps, trop longtemps enseveli sous les péchés, mais, sans doute, son âme.



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