samedi 12 août 2017

Boyhood (R. Linklater, 2014)




Richard Linklater réalise ici un film unique à bien des égards (on ne connaît que Anna de Mikhalkov qui suive le même principe mais sans la même ambition de narration). Il s’agit rien moins que de montrer douze ans de la vie du jeune Mason (de 5 à 17 ans), mais en ayant filmé ces douze années en « temps réel », c’est-à-dire à raison de quelques jours ou semaines par an pendant douze ans. On voit alors les acteurs grandir ou vieillir, en même temps que leurs personnages, au fil des années qui passent.


Étaler ainsi un tournage relève de la gageure pour convaincre des comédiens (certains professionnels, d’autres non), des techniciens et des producteurs. Il relève aussi du pari risqué de choisir des enfants comédiens dont on ne sait comme ils grandiront. Mais Ellar Coltrane (Mason) est remarquable en pivot du film, non moins que Lorelei Linklater (qui est la propre fille du réalisateur) dans le rôle de la sœur ainée de Mason. On s’amusera aussi de la variation du jeu d’acteur de Ethan Hawke au fil des ans (médiocre au début mais qui se bonifie) ou de la transformation physique de Patricia Arquette qui change autant que son personnage.


La narration choisit de s’attarder non pas sur des événements exceptionnels mais sur cette somme de moments qui emplissent une vie et forge le personnage, petit à petit. Et il ressort, de ce regard posé avec beaucoup de recul sur la vie de Mason, un panorama lentement mais brillamment brossé d’une adolescence très américaine, depuis les petits riens jusqu’aux grandes joies et tristes peines, depuis les passions jusqu'aux découvertes ou les déceptions qui font une vie.


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