jeudi 15 septembre 2016

Les Ardennes (D'Ardennen de R. Pront, 2015)




Intéressant thriller belge, malheureusement handicapé par un scénario trop simple et prévisible (en dehors de la petite surprise finale, certes, mais qui ne peut à elle remettre en cause les tenants et aboutissants assez simples de l’histoire). Le film pâtit aussi d’une réalisation trop démonstrative et percutante, comme si le réalisateur n’avait pas assez confiance en son histoire (on peut le comprendre) ou en ses acteurs (ce qui est regrettable, l’interprétation est un des points forts du film).
Mais le réalisateur est très ambitieux : le film se veut spectaculaire, esthétique, ponctué de musiques qui enveloppent l’action et de scènes coups de poing. On a là un cocktail moderne que l’on retrouve par exemple dans les films de N. Winding Refn ou D. Cianfrance. Dave, le frère au centre du film, par son mutisme, évoque le driver de Drive. Mais, à vouloir aller un peu dans toutes les directions, le film se perd en route : un peu chronique sociale (la confrontation complexe de deux frères), un peu thriller (l’angoisse née de la situation et qui enveloppe le film), un peu film noir sordide (toute la dernière partie dans les Ardennes), mais il passe finalement un peu à côté de chacun de ces genres.
Le film commençait en effet de façon certes peu originale (un triangle amoureux avec deux frères qui s’opposent) mais en lorgnant du côté de Ken Loach (environnement social sinistré, thérapie de groupe pour une ancienne droguée, sortie de prison, etc.) avec des personnages bien campés et on espérait un développement de cet aspect (les deux frères tiraillés dont l’un incontrôlable, la petite amie au milieu, la mère perdue qui ne sait que faire). Mais cette situation ne sera guère travaillée et les personnages ne seront pas vraiment épaissis : c’est vers une explosion de violence que le réalisateur choisit de faire évoluer le conflit fraternel. Le film change alors complètement de registre en s’échappant vers le thriller et Pront emmène son petit monde au cœur de la forêt pour une fin gore et sordide : laissant en plan le regard social du début, son film s'achève en découpage de corps au hachoir. A vouloir trop en faire dans son film, le réalisateur s’est un peu égaré en chemin.

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