vendredi 6 juin 2014

Alceste à bicyclette (P. Le Guay, 2013)




Film assez moyen qui, sans être déplaisant, propose bien peu de surprise et d’émotion. Il est articulé sur un jeu à trois : Fabrice Lucchini, Lambert Wilson et Molière au mitan. L'intérêt du film étant évidemment le travail sur Le Misanthrope par un personnage dépeint comme misanthrope, qui hésite bien à un moment du film à se socialiser de nouveau mais qui retombe ensuite dans son ermitage individuel.
Un des problèmes du film est la difficulté d’entrer dans le texte de Molière (il y a de nombreuses séquences de répétitions où les deux acteurs disent telle ou telle scène du Misanthrope) alors qu’on reste dans un film autour d'une de ses pièces. On a donc bien du mal à se réjouir des vers de Molière, vers éblouissants, mais qui demandent de se tourner vers eux, de pouvoir les savourer ; or dans le film on ressort sans cesse du texte de Molière. On nous dit que Molière est beau, mais on ne nous laisse jamais ressentir cette beauté. Cette structure emboîtée ne fonctionne pas vraiment, on reste au niveau du film, on ne va jamais jusqu’à Molière.

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