samedi 10 novembre 2012

La Cérémonie (C. Chabrol, 1995)




Grand film de Claude Chabrol, qui s’appuie sur un thème classique chez lui (peindre des rapports de classe tout en tirant à boulets rouges sur la bourgeoisie) mais qu’il amène et construit parfaitement, en articulant son propos sur la rencontre de deux femmes, Sophie (Sandrine Bonnaire), la bonne analphabète, et Jeanne (Isabelle Hupert) la factrice. Ces deux femmes se trouvent et se liguent contre la famille Lelièvre, devenant en quelque sorte sœurs spirituelles, dans leur nihilisme et dans leur action destructrice et jusqu’au-boutiste.



Le film semble alors montrer que, pour Sophie et Jeanne, nulle intégration n’est possible : la structure de la société les exclut. Sophie ne peut occuper la place que lui assignent les Lelièvre. L’exaltation qui emporte Sophie et Jeanne entraîne la perte totale de toute morale et de toute distinction entre Bien et Mal. Ce ne sera donc pas en gagnant une place que les sœurs criminelles avanceront, mais en détruisant les autres.
Chabrol réussit parfaitement à conduire son récit, distillant un certain malaise, utilisant merveilleusement les dissonances entre ses deux actrices (l’une renfermée, l’autre beaucoup plus extravertie) et disséquant avec beaucoup d’acuité cette monstruosité qui gonfle sous le toit des Lelièvre.



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