samedi 3 novembre 2012

J'ai le droit de vivre (You Only Live Once de F. Lang, 1937)




Grand film de Fritz Lang qui, après Fury, continue de taper sur la société américaine (et, à travers elle, sur la société en général) : ici ce n’est plus une foule qui se déchaîne, c’est la société elle-même qui rejette Eddie Taylor, l’empêche de se réinsérer et ne lui donne aucune chance.
Eddie Taylor (excellent Henry Fonda, dont la douceur de jeu convient très bien) est un détenu libéré mais il est surtout un homme bon qui cherche à réintégrer la société. Mais celle-ci va s’acharner sur elle, de même qu’une malchance qui vient enfoncer le couple (Eddie n’est guère soutenu que par sa femme) et, très vite, on comprend que Lang ne laisse aucune issue à son personnage et que le happy end (qui lui avait été imposé sur Fury) ne sera pas de mise ici.


Eddie est finalement condamné à mort pour un crime qu’il n’a pas commis, et la fin dramatique (qui montre combien, malgré sa volonté de s’amender, il a été détruit par la société), est inéluctable. Le pessimisme de Lang s’exprime pleinement au travers de cet homme qui ne parvient jamais à s’extraire de la fatalité qui l’accable.
La mise en scène est classique, sobre mais extrêmement efficace (il enferme constamment Eddie dans des cadres qui l'emprisonnent). Lang distille malgré tout quelques séquences au style délibérément plus expressionniste (lors de la séquence de la prison en fin de film). L’ensemble est totalement maîtrisé (on retrouve la maestria de Fury) et Lang montre combien il est capable d’emmener l’émotion du spectateur précisément pour appuyer ici son idée d’une société responsable, in fine de la perte d’un homme qui voulait se racheter.


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