samedi 13 octobre 2012

Le Faucon maltais (The Maltese Falcon de J. Huston, 1941)




Prototype du film noir des années 40, Le Faucon maltais, s’il n’est pas exempt de quelques défauts, distille toujours une saveur délicieuse. Il institue la figure de Bogart – le légendaire « privé » – qui installe à l’image son attitude si typique à la fois cynique et romantique, désabusée et obstinée, avec son imperméable et sa cigarette.



Mais les autres rôles masculins sont extraordinaires et chacun des trois larrons qui s’opposent à Sam Spade exprime un stéréotype de personnage que l’on retrouvera : la fausseté étrange de Peter Lorre, la lourdeur visqueuse de Sidney Greenstreet et la rage sèche de Elisha Cook. On n’en dira peut-être pas autant de Mary Astor, qui reste en retrait par rapport aux femmes fatales ou ambiguës qui peuplent le genre (de Barbara Stanwyck à Lauren Bacall, en passant par Gene Tierney).



Si le film est assez confus (mais on verra, avec Le Grand sommeil, que l’extrême confusion peut ne pas nuire à un film noir), il est surtout un peu verbeux et, finalement, avare en rebondissements. Mais la sauce prend si bien entre le jeu des acteurs, la photo très contrastée et la sécheresse de la narration (aucune scène n’est superflue et ne dévie les personnages de leur quête) que cette multiplicité de scènes avec tous ces personnages ambigus qui s’entremêlent est un vrai plaisir.

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