jeudi 20 septembre 2012

Monsieur Smith au Sénat (Mr. Smith Goes to Washington de F. Capra, 1939)




Beau film de Capra qui livre une charge à la fois très critique mais aussi pleine d’espoir sur le fonctionnement de la démocratie américaine.
Capra, avec une facilité de ton étonnante, parvient à équilibrer la critique – qui a forcément des relents pessimistes (à voir la collusion des intérêts particuliers des élus qui roulent pour eux, des médias et des industriels) – avec un ton optimiste, venant à la fois du jeu de Stewart et du regard du réalisateur sur son personnage.
La performance de James Stewart est remarquable (comme toujours) bien épaulé par une brochette de seconds rôles efficaces. Cet ensemble équilibré possède un charme typique de Capra qui a foi en ce qu’il filme et qui croit en ces valeurs que le jeune Smith porte haut et fort.



L’idée de mettre un personnage simple et provincial dans le panier de crabes du Sénat fonctionne parfaitement : Capra montre les idéaux qui habitent cet homme (faisant une leçon d’éducation civique très didactique) et l’entre-soi des élus qui déshonorent leur fonction en faisant fonctionner toute la machinerie institutionnelle à leur propre profit.



Si Capra prend garde d’amadouer les critiques en montrant un président du Sénat compatissant qui fait un lien entre le jeune Smith et les spectateurs, il n’hésite pas par ailleurs : le sénateur Taylor incarne l’absence de civisme et de morale de ces représentants qui subvertissent leur fonction, recourant sans hésiter à de la diffamation, des menaces, de la corruption pour arriver à leurs fins. Mais Capra n’est pas là pour décrire un monde pourri et sans espoir. Au contraire, au milieu d’élus qui mettent à mal le système, Jefferson Smith est cet espoir auquel s’accroche le spectateur, espoir selon lequel tout peut encore être sauvé.

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